• I. Si je pense la rationalité comme impossible, ne créé-je pas un paradoxe ?
      La rationalité n’est-elle pas une fabrication mentale, tel le hasard ? Si je dis que, logiquement, la rationalité n’existe pas, ne suis-je pas à la fois paradoxal, car je ne peux être rationnel, mais aussi non-paradoxal, car je vérifie ainsi mon propos (que la rationalité est paradoxale) ?

  • II. Est-il possible d’avoir des pensées contraires aux lois universelles (temps-espace-existence) ?
    Toute notre réalité est basée sur la trinité temps-espace-existence, mais pouvons nous penser en-dehors de cette réalité ? Ainsi y a-t-il toute possibilité que l’infini puisse être approché autrement que par le fini ?
  • III. Quel rôle jouent les yeux clos dans la pensée concrète ?
    Les yeux fermés — lors du rêve, par exemple — la conceptualisation d’êtres ou d’évènements concrets est différente que lorsque nos yeux sont ouverts, pourquoi ? En quoi est-ce différent ?
  • IV. Est-ce que la cognition existe sans les sens aristotéliciens (ouïe, vue, odorat, goût, kinesthésie) ? Et sans les sens physiologiques (équilibrioception, thermoception, proprioception, nociception…) ? Sinon, suis-je si je n’ai pas de sens ?
    Notre perception de la réalité est influencée par la pensée, mais, quelle forme aurait la pensée sans nos sens aristotéliciens, et sans perception aucune ?
  • V. Pourquoi ai-je la sensation d’exister physiquement dans mon cerveau plutôt que dans mon être total ?
    Avons-nous déjà visualisé je dans tout autre membre que le cerveau — organe source de la pensée ? N’avons pas l’impression d’être physiquement exactement là où votre cerveau se trouve ? La meilleure représentation physique d’un individu n’est-elle pas sa tête ?
  • VI. Quelle est la frontière, dans la pensée, entre la chose en soi et ses propriétés, sachant que ceux-ci ne me sont connus que par leur représentation ?
    Comment puisque considérer la chose en soi — infini — si mes seules représentations sont ses propriétés ? La chose en soi n’est-elle pas elle-même une propriété ? Si je peux la nommer, il y a une chose, donc j’accède à cette chose, ou du moins une autre de ses représentations.
  • VII. Quelles sont les frontières du je par rapport à son milieu (en quoi ne suis-je pas le Tout) ?
    Qu’est-ce qui me différencie d’un autre être ? Quelle frontière y a-t-il entre mon corps et le sol sur lequel je marche ; entre je et un autre ?
  • VIII. Comment suis-je intrinsèquement unique ?
    Quels critères font que je suis unique, en dehors de toute considération physique ? En quoi ma pensée réflexive est-elle réellement réflexive
  • IX. Est-ce qu’un sujet existe en soi ? Le cas échéant, n’est-il pas infini puisque récursif ?
    Par exemple, si le sujet de cette phrase existe, ainsi, celui-ci existe, et celui-ci existe aussi, et cætera. Le sujet de la précédente phrase existe donc, ainsi que le présent et le suivant, à l’infini.
  • X. Qu’est-ce que la possession du je ? Est-ce que le possesseur se possède lui-même ? Qu’est-ce qui n’est pas la propriété de Dieu ? Comment Dieu ne peut-il pas être possédé ? Qu’est-ce qu’une non-possession ?
    Qu’est-ce que je possède exactement, physiquement, mentalement, spirituellement ? Est-ce que je possède je ? La proposition je suis est-elle réfléchie et autopossédée ? Si Dieu possède, est-ce que Dieu possède Dieu ? Sinon comment concevoir une non-possession ?

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