Vous, ici, et vous, là, approchez !
Que je puisse observer
La proportion de votre richesse.
Oui ! Que vos biens paraissent
Pour quitter avec moi ce rivage
Hanté par ces sauvages.

Bien, avancez, poursuivez vers moi.
Ah ! Sinon je vous noie !
Je n’apprécie guère de rester
Au contact des damnés.
Qu’ils avalent leur siècle sans faim !
Allons-nous-en, enfin.

Attention ! Ce fleuve est colérique,
Il n’a rien de statique.
Pouvez-vous entendre ses entrailles ?
Sont-ce vos funérailles ?
Si vous basculez par-dessus bord,
Aussi j’aurai votre or !

Voyez l’autre rive qui approche.
Ici, aucune cloche
Ne perturbera votre séjour.
Demeurez, pour toujours,
Sans clarté, dans ces ténèbres vraies ;
Nulle ombre n’apparaît.

L'Île Des Morts, Arnold Böcklin.

L’Île Des Morts, Arnold Böcklin.

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