J’ai froid, je gèle, je suis convaincu que le temps s’est arrêté pour m’envelopper de son voile mortel. Je ne peux plus bouger depuis que l’Immobile exauce ses propres vœux. Il s’imprègne de ma chair mais je ne succombe pas à la peur car mon âme est encore sauve. Il a beau prendre le contrôle de mes muscles, ses gestes ne m’impressionnent guère. Il écrase chacune de mes veines, isole mes vaisseaux sanguins et rythme mon pouls. Ce n’est plus un voile que je sens, c’est une toile, une toile de nerfs dont le sang coagule. Il me fait comprendre que ma personne n’existe que par le mouvement et qu’en contrôlant mon cœur, il maîtrise ma conscience. Oui, c’est lui le maître à présent, je ne suis plus que l’intrus de moi-même, le sauvage dans ce monde charnel dominé par le gel.

L’immobile alimente en mon corps toute l’inertie d’une machine hors-service. Ah ! Mon visage éteint, les yeux clos, témoin aveugle débranché, je ne peux supporter plus longtemps, le fardeau de ce masque glacial.

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