Un gouffre, gouffre sans émotions, il est froid, car il n’y a pas de lumière, pas de sentiments, il est creux comme les veines de mon corps et sans chaleur car j’ai le sang froid et sombre car il coagule. Mon coeur n’a-t-il pourtant jamais battu ?

J’imagine que dans ce gouffre gisent des trésors fabuleux qui brilleraient si seulement la lumière était. Mais elle n’est pas, ces trésors sont habillés de vide et voilés de l’absence, comme un paysage effacé par la nuit, sauf qu’ici, la Lune n’est plus. Ce ne sont pas les nuages qui masquent sa beauté, non, elle est réellement absente. Aucune lueur ne sème l’attention parmi la poussière de l’abandon, les arbres meurent, leurs feuilles pourrissent, mais comment ont-ils pu survivre jusqu’ici, seulement soutenus par l’illusion d’un avenir clair ?

S’élancer par tâtonnement lorsqu’on ne peut anticiper notre prochain pas, quel intérêt lorsqu’on ne sait tout simplement pas où l’on va et où l’on souhaite exister ? C’est pour cela que l’on décide de s’arrêter, c’est lorsque l’on s’arrête que l’on prend froid.

La plainte du silence peut alors s’écouter
Car de son violon le songe se met à jouer
En caressant la dernière corde de l’envie
À l’aide de son archet maudit.

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