Place vacante dans l’univers atrophié d’une cellule. À quoi bon la regarder si personne n’y prend garde ? Est-elle aussi vide qu’une avenue la nuit où mes paupières sont closes ? La tempête d’aquarelles viendra la tâcher de pâles couleurs éteintes par les larmes d’un pinceau. Le dessin raisonnera, comme toi, son sang est ton encre, sa peau est ta toile. Regarde-le bien car lui t’admire d’une certaine façon, car tu es définie, tracée par des plans d’éternité. Le dessin, lui, sera effacé par la peur et la pluie, quel triste destin pour une fraction d’amour émaillée, sculptée dans la résine qui coule le long de tes joies. Anéanti, d’un claquement de doigts, absorbé par les veines de la rancune, dis-lui adieu, il baisse les bras, il baisse les armes, il baisse le rideau d’émeraudes que tu lui as offert.

Le sel d’une vie enroulée autour de ton cou se brisera au son du clocher lugubre que tu vois au loin. Regarde-le, lui aussi, mais lui ne te vois pas, car il t’entend, c’est suffisant pour émettre le plaisir de te voir. Puisse les perles s’enfoncer dans la vase brisée et séchée par l’absence de tes larmes. Prends garde à ne pas les écraser de tes pas savourés, de tes pas gourmands vers l’avenir, vers l’avant, vers le vent d’un temps trop éloigné pour l’imaginer présent.

La feuille d’une brindille s’envole vers ton visage. L’éviteras-tu ou l’avaleras-tu ? Ta gourmandise avalerait, mais tes armes ne la laisseront pas faire, à grands coups d’étincelles, énergie perdue d’un pouvoir trop grand pour sortir de tes lèvres rouges. Avale cette énergie, elle t’est offerte par l’amour lui-même, quel opportuniste ! Avale-la avec plaisir, car elle est forte, elle est puissante et vive, elle te fera sourire et épouser les astres de l’espace attaché à ton poignet, rouge lui-aussi comme tes lèvres. Il feint la timidité, mais il est tout simplement amoureux, comme tes lèvres qui ne savent pas mentir, elles.

Une terre apeurée t’ouvre ses voiles, elle te tend sa gratitude, elle t’aime même si elle a un cœur de sable. Attache-la et profite de sa beauté dans la torpeur de ses séismes d’angoisse. Piétine-la de ta fermeté, de ta loyauté de femme convaincue d’être juste avec ceux qui ne valent rien, même sur cette terre d’exil.

Ferme les yeux, ferme le livre qui te rendra fou, qui chantera le feu qui te brûle les mains, que tu lâches de peur d’avoir la peau stimulée par l’absence de mes silences.

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