Buvons cette eau si trouble
Pesée par la chaleur
D’une glace trop légère
La mort elle-même prend chaud.

Elle mangera ton épuisement
Jusqu’à ta dernière souffrance
Ou lorsque la pluie d’été
Frappera le sol souillé.

Sol divin ou plafond des enfers,
Jour éternel ou nuit infini,
Fleur des mers ou cactus du désert,
Parfum de fruit ou odeur des morts.

Enveloppés dans un voile
Doux comme la fuite
D’une pensée trop timide
Qui blâme les savants.

Savant fou, savant d’hiver.
Fière de la vie charmante
Qui baisse les yeux aux cieux
Des enfers.

La barque vous y emmène,
Vous êtes voyageur
Pour la dernière fois.
La dernière feuille tombe.

Une chute aussi profonde.
Une profondeur aussi susceptible.
Une susceptibilité aussi dangereuse.
Une dangerosité aussi honnête.

Honnêteté bien gardée
Par les sages breuvages
Qui boivent la lumière,
Qui mangent l’obscurité.

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