I

La chaleur du temps m’assoiffe, il fait chaud, mais ces nuages de feu fondront, j’en suis sûr. Le sol de sel et les murs de lave, la suite sinistre et la volonté pratique, l’histoire d’une fleur ou l’amour d’une larme, qui pourra annoncer la fraicheur de ces mots ?

II

Peu importe l’idée de ce temps qui baille devant son propre reflet sur l’horizon. Il ne sait même pas à quoi peut-il ressembler lorsqu’il est nu, sans sa haine et sans sa vue. Mille fois il me regardera, mille raisons sortiront de ses fautes pardonnées par la sagesse de nos attentes. Celles-ci l’abattront à coups sûr d’un seul vase renversé et brisé en une centaine de remords.

III

La pluie battante contre la foudre lassante, le jeûne d’une fille sans poitrine, le corps à l’abandon, dévisagé par des regards incorrects. L’été se cache derrière le son du désert d’images. Je marche ici, ou plus loin peut-être, que sais-je ? Une question après l’autre, comme l’on fait un pas après l’autre, ou bien un sourire après l’autre. Quoi qu’il en soit, elles se suivent comme chacune de tes paroles. Mais où vont-elles, elles ?

IV

Tu t’imagines encore me regarder, comme le temps, mais il fait trop clair pour admirer la nuit de mes pensées. Il te faudrait t’armer d’une vie plus saine ou épanouie, riche en métal de bois aux aspects bleus, tellement bleus que la mer ne reflète plus le ciel, mais la terre, elle est sombre même si elle est persuadée qu’il ne s’agit que d’une illusion.

V

Ivre, ton ombre me poursuit jusqu’au rivage qui me livre son âme pleine d’amants. Quelle vie tout de même, pour une feuille si verte que la toile s’en déchire. Un tableau de formes aussi dures les unes que les autres, elles ne sont fondamentalement pas tendres entre elles. Amertume d’une vie gâchée, elle sera cependant remplacée par une autre, plus forte et plus civilisée.

VI

Sevré de ma curiosité, j’attends l’oiseau du château des anges qui devrait s’envoler vers son festin. Indénombrables misères le rassasieront et réconforteront sa colère et sa vanité. La soif masque la nécessité d’un amour inconnu.

VII

Il faut de tout pour s’abandonner.

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