I

Un soleil de nuage coule
Au fond de cet océan du crépuscule.
Les navires s’en vont nulle part,
Qu’importe, ils s’en vont.

Malheur jeté sur leurs voiles,
Les voyeurs peinent à imaginer
La lenteur de leurs peines,
La douceur de leur haine.

Le courant portera
De ses bras affectueux
L’inquiétude et la solitude,
Seules variables pertinentes.

Voyager pour fuir l’impensable
Par des planches étendues
Comme ce ciel paresseux
Qui s’étale sur le sol humide

Les uns sur des rochers endormis,
Les autres par-delà les cristaux bleus.
Y aura-t-il un jour un espoir
De les imaginer ensemble ?

Comme le soleil, partons
Comme les nuages, passons
Comme la mer, balayée
Comme la terre, piétinée

II

Dame Lune présente ses états d’âme,
Pour elle, douce créature nocturne,
Nous ramasserions la mer de nos mains
Pour lui offrir la sèche chaleur des profondeurs.

Géante par ses rondeurs chromées,
Elle nuira à vos pulsions endormies
Pour réclamer l’attention des bateaux
Qui flottent sur la chaire d’eau.

Elle parle pour de vrai,
Le ciel de la mer en témoigne.
Ses larmes sèchent
Sur un papier d’argent.

L’amour brisé de chaque côté,
Les cœurs sont en attentes,
Ils craignent de vivre seuls,
Ils ne peuvent vivre seuls.

Déchaînés par les flots,
Impossible de contrôler
Les maux des modèles
Auxquels ils font confiance.

Or de vision
Argent d’émotion
Forte
Éloignée

Lever de Lune sur la Mer

Lever de Lune sur la Mer (Mondaufgang am Meer), Caspar David Friedrich.

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